LeAvaleur jeudi 1er mars 2018, les élèves de la section littéraire et l’option théâtre du lycée André Theuriet, ont assisté à la pièce « L’Avaleur » programmée par Les Amis du théâtre populaire, au TAP de Poitiers. Rondement menée par la formidable troupe de théâtre du Centre dramatique national « Les Tréteaux de France » dirigée par Robin Renucci, cette pièce, en forme de conte, parle de la violence et de l’absurdité de notre société capitaliste.


« Lors de cette soirée exceptionnelle, nous sommes partis pour nous délecter de cette vision du monde contemporain à travers le regard du metteur en scène et du narrateur, Robin Renucci. La pièce s’ouvre sur un plein-feux, toute la troupe, habillée de noir est présente sur la scène. Un plan incliné déposé sur le plateau constitue l’espace de jeu. Les comédiens qui ont fini de jouer leur partie, se posent en spectateurs sur les côtés, visibles du public pour traduire la volonté de raconter ensemble cette histoire. L’espace de jeu est lui-même découpé en 3 espaces bien distincts grâce aux jeux de lumières et de couleurs mais également aux sols de matières différentes. D’un côté, nous sommes au Havre, dans une entreprise familiale de câblages (CCF) et de l’autre, le côté de La City, celui de de Franck Kaphaim, « l’Avaleur », prêt à toutes les manœuvres financières pour faire de l’argent. » (Corentin C)
« Le centre, quant à lui, sera occupé par les réunions. De chaque côté, un écran où sont projetés le logo de l’entreprise à jardin et les buildings de Londres à cour. Un spot publicitaire permet de faire connaissance avec l’entreprise, une vidéo Skype à l’aspect comique pour les spectateurs qui voient les acteurs sur deux plans différents, ainsi qu’un diaporama y seront diffusés. Entre ces zones, un rideau plastifié comme à l’abattoir, est annonciateur du destin tragique de l’entreprise familiale, en ombre chinoise, un personnage à la batterie pendant les intermèdes musicaux puissants, rythmant les chapitres aux titres projetés sur le rideau. La pièce s’ouvre et se termine par un plein-feux sur le public, englobant ce dernier dans l’histoire. Public qui sera également sollicité en tant que tel lors du discours aux employés que fait le PDG de CCF pendant son assemblée générale. Les apartés des acteurs, dans une bande de lumière, renforcent notre implication et permet de nous sensibiliser davantage aux événements joués sur scène. » (Camille)
« Vous l’aurez compris : il s’agit d’un duel sanguinaire entre un capitalisme attaché à des idéologies communistes archaïques face à un capitalisme qui prend la vie pour un jeu. La pièce et sa situation, quoiqu’explicites, laissent la part belle aux sous-entendus bien placés qui font mouche. Nous soulignerons le jeu sublime des comédiens ainsi que l’éclairage exploité à son paroxysme, sans oublier les interventions technologiques. Mais bien que le loup arrive à manger le chaperon rouge, aucun chasseur ne viendra sauver la petite entreprise car, dans cette minuscule guerre froide, la victoire écrasante du capitalisme est absolument sublime. » (Corentin D)