INFORMATION : les diplômes du baccalauréat et du BTS 2020 sont disponibles. Dans le contexte sanitaire actuel, aucune cérémonie officielle ne pourra avoir lieu. Vous pouvez venir les récupérer au secrétariat de direction avec une pièce d'identité.

Il n'est pas aisé de jouer la tragédie aujourd'hui.
Parler en alexandrins, faire entendre la langue classique est une prouesse.
Le choix de François Régnault est simple : il faut faire entendre. Faire entendre quoi ?
Que les vers ne nous sont pas étrangers. Que nous pouvons encore, aujourd'hui parler "le Corneille" ou "le Racine".
Les acteurs sont si convaincus par cette évidence que Corneille devient leur langue maternelle. Pas de faux-semblants, juste une envie inébranlable de rendre la langue audible pour que le spectateur s'y retrouve.

Une scénographie épurée pour expliquer le tragique.

Deux blocs de pierre qui s' ouvrent et se referment sur un lit. Le lit conjugal, le lit de la discorde, le lit infernal ou tout se joue. La scène est vaste mais les acteurs déambulent en étant toujours sous le joug des murs, immenses, imposants et révélateurs. Ils peuvent sortir, entrer mais les personnages sont prisonniers du décor. Cependant, l'intrigue évolue avec grâce dans un décor sur mesure. Les costumes tutoient le contemporain et les époques. Ils sont rouges, noirs, blancs, symboliques et éclatants comme le sujet de la pièce.

Une trouvaille : le monologue de Nietzsche !

Corneille avait, entre 1643 et 1657, ajouté quatre vers à sa pièce. Le metteur en scène, Brigitte Jacques-Wajeman a choisi de compléter la pièce, non par ces vers, mais par un texte de Nietzsche. Une merveille de contemporanéité dite par un Sévère, crédible et extraordinaire, un acteur qui intime au spectateur de douter entre rires et larmes. Cette fin nous questionne, nous interroge, nous demande de réfléchir aux fanatismes religieux, à la vie, à la mort.

Être ou n'être pas ? Telle est sans doute la question !