CeMusset mardi 15 octobre 2019, nous sommes allés au Théâtre auditorium de Poitiers voir une pièce d’Alfred de Musset intitulée Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée. Cette pièce a été revisitée pour paraître plus moderne, cependant le langage parfois soutenu nous rappelle qu’il s’agit bien d’une œuvre écrite en 1845.

Sur scène, deux acteurs : un homme et une femme. Par un froid mardi, jour où la jeune femme, une marquise, « reçoit », sonne le jeune homme, un comte, tombé amoureux d’elle un an auparavant. Étrangement, seul le comte semble être venu lui rendre visite ce jour-là. Après avoir épuisé toutes les banalités qui lui passent par la tête, il se lance maladroitement dans sa déclaration d’amour, mais la marquise se moque de lui et du fait même de faire la cour : selon elle, cela est ennuyeux car prévisible et ridicule. Coquette et moqueuse, elle joue cruellement avec les sentiments de son admirateur. Au cours de la pièce, plusieurs personnes sonnent à la porte, sans que pour autant personne n’entre jamais : à chaque fois, le comte, dépité et humilié, décide de s'en aller, mais, toujours, la marquise le retient. En réalité, plus l’histoire avance, plus se révèlent les sentiments de cette coquette qui est aussi tombée amoureuse de son prétendant. Après de nombreuses altercations (dont une bagarre aussi musclée que grotesque), mais aussi des temps de réflexions et de réticence de la part de la marquise, le comte finit par lui demander sa main, ce qu’elle s’empresse d’accepter en lui disant que, s’il avait formulé plus tôt cette demande, ils ne se seraient jamais disputés…

Cette pièce mettant en scène des êtres constamment ballottés entre la légèreté et la gravité de l’amour est dynamique et amusante : les actions s’enchaînent avec fluidité, de même les situations et le comique de caractère des deux protagonistes la rendent souvent hilarante. Le jeu physique de ces acteurs très doués, et à fond dans leur rôle, a fait de cette pièce un véritable "show" : à la bagarre s’ajoutent des chorégraphies, le chant d’un tube des années 1980, des mimes parodiques… Les choix d’une mise en scène moderne et familière ont ainsi beaucoup contribué à nous séduire. Le décor assez simple multiplie les éléments contemporains comme les costumes, les téléphones portables ou encore l’enceinte assistante qui lance des chansons lorsque l’un des personnages dit « chanson ». Il est en effet important de montrer que les pièces du répertoire peuvent toujours être au goût du jour. 

​Nous avons beaucoup aimé le fait que cette pièce parvienne à unir le moderne et l’ancien : en raison de ce brouillage temporel, on ne sait pas à quelle époque se passe une action qui devient dès lors atemporelle. Au final donc, une pièce fantaisiste et prenante, légère et profonde, bref, romantique...

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